Le Cabaret de Paul Niquet

Le Cabaret de Paul Niquet


Devenu une curiosité parisienne, le cabaret de Paul Niquet attirait une foule de gens comme il faut. Le patron avait aménagé deux ou trois cabinets pourvus d’épais rideaux, de manière que l’on puisse assister à l’abri au spectacle de la lie de Paris.

Privat d’Anglemont, ami de Baudelaire, donne dans ses Oiseaux de Nuit le récit suivant :

« On pénétrait dans l’établissement par une allée étroite, longue et humide.
Son pavé était le même que celui de la rue, un grès de Fontainebleau, mais tellement piétiné par les nombreux clients, qu’il était plus boueux plus fatigué que les pavés de la rue Saint-Martin ou Saint-Denis.
Ceux des habitués qui avaient des hottes (les chiffonniers), les déposaient le long de ces murs avant de pénétrer dans la salle principale…
Cette salle était simplement un hangar sur lequel on avait posé un vitrage.

Elle était meublée de deux comptoirs en étain où se débitait cette eau-de-vie terrible qu’on appelait « le casse poitrine ».
Ces comptoirs lourds et massifs étaient chargés de brocs, de bouteilles et de fioles de touts formes. On voyait écrit sur certaines : « Parfait Amour », la « liqueur des Braves », il y avait aussi « les délices des Dames », un breuvage à faire prendre feu avec une allumette aux lèvres des consommatrices, et surtout « Le Petit Lait d’Henri IV » un effroyable mélange de cassis et de trois-six.
Par un passage étroit, on arrivait à une petite salle derrière le comptoir ; C’était le salon de conversation, un lieu d’asile réservé uniquement aux initiés. _Trois longues tables et des bancs de bois en composaient le mobilier, les murs étaient blanchis à la chaux. L’architecture de ce bouge était bossue, tordue, renfrognée.
Dès la porte passée, on était saisi à la gorge par une odeur fade, chaude, nauséabonde, imprégné de miasmes humides qui soulevaient le cœur, c’était une puanteur qui est particulière à cette société immonde »…

Biographie: Victor Segalen

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VICTOR SEGALEN  


Victor Segalen (1878-1919), poète, médecin de marine, ethnographe et archéologue français. Affecté comme médecin militaire en Polynésie française, il séjourna à Tahiti en 1903-1904. Il y découvrit une civilisation polynésienne menacée d’extinction par l’influenceeuropéenne et par l’insouciance des populations, ce qui deviendra le thème de son roman ethnologique Les Immémoriaux (1907). De 1909 à 1914, il vécut en Chine, où il soigna les victimes d’une épidémie de peste en Mandchourie. Il y fut témoin de la chute de l’Empire mandchou et du déclin et de la désagrégation d’une civilisation millénaire. Il publia Stèles à Pékin en 1912. Il y assura une mission archéologique en 1914, dont sortit l’ouvrage Chine, la grande statuaire, et rencontra le sinologue Charles Michel qui lui inspira le personnage de son roman René Leys. Il mourut en France en 1919. Victor Segalen a profondément renouvelé le genre littéraire de l’exotisme, jusqu’alors naïf et ethnocentrique, par son regard singulier, sa quête du « divers » et son approche du
mystère de l’Autre et de l’être.

Victor Segalen en video


Biographie racontée   et imagée  sur la quête d'un écrivain, poète et aventurier. 

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